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Mon Abécédaire

Publié le 10 mars 2016
Auteur :

MON ABECEDAIRE

Lorsqu’enfant, tout petit,
J’ai ouvert mon abécédaire,
Je pensais que ce serait pépère!
Alors que ce fut un énorme défi.
Le A était chargé de mon accueil.
Il m’attendait sur le seuil.
Le
B m’a ouvert en grand la porte,
De peur que le vent ne m’emporte.
Le
C, lui, me souriait
De sa bouche édentée.
Le
D, sans me commander,
Me faisait franchir le pas, décidé.
Le
E, semblait, si non muet, en tout cas, hésitant,
Il murmurait : … Euh… Ben.. Euh!… Avance mon enfant!
Le
F se prenait pour un elfe,
Il sautillait, follet, sous la nef.
Le
G, sur un ton des plus léger,
Me priait gentiment d’accélérer.
Le
H, était posé « pleine page », bien d’aplomb,
Tel un vaillant et puissant bûcheron.
Le
I, élancé, fier et droit,
Levait le point, avec foi.
Le
J, me disait, comme un confident:
« Je suis la Majuscule de tes parents ».
Le
K, désespéré, souffrant du dos,
Me soufflait, « c’est à cause du Judo! »
Le
L, ouvert comme une tourterelle,
Me portait sur ses grandes ailes.
Le
M, jouant sur du velours,
Me chantait l’Amitié et l’Amour.
Le
N, se croyant des autres, très mal vu,
Me faisait part de sa haine des « m’as-tu-vu ».
Le
O, rigolo, jovial et rond,
Me gratifiait d’un « Hoooo?…Surpris? Mon garçon? »
Le
P, un tant soit peu tonitruant,
M’affirmait vouloir la Paix maintenant.
Le
Q, sec, mais joyeux, d’un ton pompeux,
Prétendait qu’en Alphabet, il avait toujours vécu, heureux.
Le
R, toujours aussi ronflant,
Semblait manquer d’air tout le temps.
Le
S, tortueux, mystérieux, sinueux,
Dessinait pour moi, des sentiers montagneux.
Le
T, bras écartés, comme crucifié,
Se plaignait de ne plus savoir à qui se fier.
Le
U, vertueux, vigoureux, laborieux,
Poussait son cri de laboureur courageux… Huuuue!
Le
V, dressé comme deux doigts,
Chantait victoire sur tous les toits.
Le
W, « V » siamois, un rien prétentieux,
Se croyait des « V », le plus courageux.
Le
X, poli, mais surtout technique,
Aimait à jouer l’inconnu cynique.
Le
Y, tout droit sorti du Péloponèse,
Dansait le Sirtaki, tout à son aise.
Le
Z, vif comme l’éclair,
Se la jouait, Zorro le téméraire.

Voilà! ce que mon Abécédaire
M’a ouvert comme Univers.
De lettres en mots,
De vers en madrigaux,
Il m’a guidé sur la lande de lumière
Au pays de la langue de Molière,
Il m’a transporté sur les vers de Baudelaire.
Grand merci! Mon Cher Abécédaire!

Arnaud JOMAIN   Février 2016

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